Chaque mois, le club VOG publie le témoignage d’un membre du club Vogavecmoi dans le magazine Voiles et Voiliers. Voici l’interview publié dans le magazine daté du mois de Mars 2026.

Pendant plusieurs années, Christine a été propriétaire d’un First 38 à Dunkerque avec son mari de l’époque. Lorsque le couple s’est séparé, elle a mis la voile entre parenthèses… alors même qu’elle était sans doute la plus passionnée des deux. Longtemps après, grâce à un ami avec qui elle re-navigue, elle entend parler pour la première fois du club Vogavecmoi. Sans le savoir encore, cette découverte allait profondément relancer son rapport à la navigation… et bien au-delà.
Quel type de co-navigation pratiquez-vous ?
J’ai commencé par des sorties et des croisières en Bretagne, assez classiques. Puis, un jour, un propriétaire d’un Gib’Sea 44 — m’a proposé quelque chose de totalement imprévu : une traversée de l’Atlantique. Je n’avais jamais rêvé d’une transat. Je ne me voyais pas « légitime » pour ce type d’aventure. Et pourtant, j’ai dit oui.
Pourquoi co-naviguez-vous ?
Parce que la co-navigation permet de continuer à naviguer, quelles que soient les étapes de la vie. Quand on n’est plus propriétaire, quand on est seule, quand on pense que « ce n’est plus pour soi », la co-navigation ouvre des portes extraordinaires. Elle permet aussi les rencontres — humaines avant tout. Grâce à la co-navigation, j’ai retrouvé la mer, mais j’ai aussi retrouvé une forme de liberté et de confiance.
Quel est votre plus beau souvenir de co-navigation ?
Sans hésitation : la transatlantique ! Nous sommes partis des îles Canaries, à bord de ce voilier, avec le skipper, moi-même, et un autre couple d’équipiers. La vie à bord n’a pas toujours été simple avec ce couple d’équipiers « écolo-vegan », dont le mode de vie très strict a rendu la cohabitation parfois compliquée. Mais la mer fait tomber beaucoup de barrières. Au fil de la traversée, une relation très forte s’est nouée entre le skipper et moi. Une relation amoureuse, inattendue, intense, indissociable de l’océan et des jours passés au large.
Quels conseils donneriez-vous aux équipiers qui hésitent à se lancer dans la co-navigation ?
Je leur dirais : n’attendez pas de vous sentir “légitime”. La mer n’appartient ni aux plus jeunes, ni aux plus forts, ni aux plus expérimentés. Elle appartient à ceux qui osent y aller avec sincérité, curiosité et respect. La co-navigation permet de vivre des expé- riences qu’on n’aurait jamais imaginées — parfois même à un âge où l’on pense que tout est déjà derrière soi. Grâce à Vogavecmoi, je me suis remise à naviguer, j’ai traversé l’Atlantique, j’ai continué à naviguer aux Antilles… Alors oui, il peut y avoir des malentendus, des déceptions parfois. Mais ce que l’on gagne est infiniment plus grand.
